Cybèle et Laure

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A chaque nouveau portrait, on se découvre de nouveaux défis. Cette fois, il fallait surmonter celui de la distance, l’une de nous étant à Lausanne et l’autre à Londres. L’une est partie à la rencontre des filles, poser les questions, tandis que l’autre a reçu le témoignage et l’a retranscrit. Malgré cet écart, l’entrevue de Cybèle et Laure nous a touché toutes les deux, et nous a impressionné de la même manière : quand on les écoute, les deux jeunes femmes partagent une amitié exceptionnelle qui se reflète sur le projet commun qu’elles ont lancé il y a peu, l’Atelier à Lausanne.

En septembre dernier ouvrait à l’Avenue de France un nouveau café, appelé l’Atelier. Dès lors, une petite foule se succède tous les jours dans ce joli bistrot et sa terrasse. Passant devant l’endroit régulièrement, nous avons voulu savoir qui se cachait derrière ce nouveau projet et c’est avec beaucoup de plaisir que nous avons rencontré Cybèle et Laure.

Qui sont-elles ? Ce sont d’abord deux copines. Elles se connaissent depuis le gymnase et ne se sont plus quittées depuis. Très proches l’une de l’autre, elles nous racontent comment elles sont devenues en peu de temps inséparables. « On a toujours été ensemble, on a vécu et grandi ensemble. On nous prend d’ailleurs souvent pour des soeurs » confie Cybèle. Et on le confirme, les deux amies se ressemblent, s’entendent à merveille et il s’en dégage une grande complicité. Pour preuve, lorsque l’on demande son âge à Cybèle, elle hésite une seconde, jette un oeil à son amie et répond « 31 ans » en souriant. Son amie réplique en plaisantant : « Elle ne sait jamais son âge. Elle sait que par rapport au mien, elle a une année de plus ! »

C’est ainsi presque naturellement qu’après avoir commencé leur carrière chacune de leur côté, les deux jeunes femmes ont envie d’entreprendre un projet ensemble. Au départ, Cybèle et Laure n’ont pas d’idée préconçue : « On a pris ces locaux il y a deux ans pour en faire un atelier. On aime retaper des meubles, boutiquer, peindre… Avec des amis, on a remis à neuf l’endroit, mais sans vraiment savoir ce qu’on voulait en faire, hormis l’idée de l’atelier » disent-elles. Le lieu est donc utilisé par les jeunes femmes en dehors des heures de travail. De formation artistique, les deux amies exercent des métiers différents : Laure, qui a suivi une école de décoration puis une école de conceptrice en multimédia, est graphiste. Quant à Cybèle, après le gymnase artistique, elle exerce comme assistante de direction dans une entreprise qui fait des catalogues.

Malgré leur métier qui les tient bien occupées, les filles bouillonnent d’idées pour développer leur espace. Le concept d’atelier est rapidement élargi à celui de galerie, où les jeunes femmes peuvent exposer leurs coups de coeur artistiques. Cybèle décide à ce moment de quitter son emploi pour se consacrer entièrement au projet. L’idée de transformer la galerie pour y créer un lieu de vie fait son chemin dans l’esprit des filles qui songent alors à y préparer et vendre des thés. A ce moment-là, un petit coup de pouce du destin permet une nouvelle transformation : « La gérance nous a informé qu’on disposait aussi de la terrasse. C’est de là qu’est parti l’idée d’en faire un café-atelier » nous disent-elles. Cybèle obtient alors une patente et c’est un peu par le hasard des choses et après beaucoup de travail que l’Atelier comme on le connaît aujourd’hui est né.

« C’est vrai que l’Atelier est devenu plus un bar qu’une galerie », confient-t-elles. « Mais on tient vraiment à garder l’idée de départ, en invitant tous les trois mois une personne à venir exposer. On a beaucoup de chance, car les gens sont enthousiastes à l’idée d’exposer dans ce lieu. C’est peut-être plus facile pour eux d’oser montrer leur travail ici que dans une galerie où l’on expose seulement » révèle Laure.

Dès le premier jour d’ouverture du bar, la foule est au rendez-vous et la charge de travail devient rapidement importante. Face au succès, Laure quitte à son tour son travail et les jeunes femmes se consacrent désormais à 100% à ce nouveau challenge. Mais quitter son travail pour prendre le pari d’ouvrir un bistrot, c’est n’est pas trop risqué ? « Oui c’était une folie. Mais une folie contrôlée » dit Laure. Ayant toutes les deux des expériences dans les bars pendant leurs études et avec l’habitude d’organiser et de travailler sur des évènements, la prise de risque était limitée selon elles. Cybèle ajoute : « Aussi, on n’a pas fait de choses démesurées, au-delà de ce qu’on pouvait faire. On a fait les choses simplement et on n’a pas trop vendu le projet car concrètement on ne savait pas ce que ça allait être à la fin. Cela a rendu les choses plus légères et moins stressantes pour nous. » Et avec des amis et un entourage présent tout au long de la mise en oeuvre de leur projet, les filles se sentent soutenues et encouragées, malgré les mises en garde et les épreuves rencontrées. D’ailleurs, quand on passe à l’Atelier, on aperçoit souvent un ami qui donne un coup de main en salle. Tous les ingrédients sont réunis pour que les jeunes femmes croient en elles et tiennent bon pour surmonter les difficultés. Aussi, elles savent se soutenir l’une l’autre : « Nos personnalités se complètent. On se connaît très bien et le fait d’être aussi proches nous permet de régler les problèmes rapidement. On est plus comme deux soeurs qui travaillent ensemble que deux copines » confient-t-elles.

Ce qu’on aime à l’Atelier, c’est voir des clients très différents qui viennent à divers moments de la journée. En matinée, on y croise des travailleurs, des ouvriers ou les habitués. Dans l’après-midi, il font place aux étudiants et à leur ordinateur ainsi qu’aux mamans avec leur poussette qui peinent à choisir entre le fondant et la tarte tatin. La journée se termine enfin avec les jeunes qui viennent prendre l’apéro. « C’est un privilège d’avoir pu ouvrir dans ce quartier » se réjouit Laure. Les tables et les bancs peuvent être partagés, ce qui permet de créer un lien entre les visiteurs. Une fois qu’on y entre, on s’y sent bien et on a envie de rester. « Les gens nous disent avoir l’impression d’être à la maison. Et ils aiment rester à l’Atelier jusqu’à tard dans la soirée. Mais on est très surprises du succès que l’on rencontre aujourd’hui, » reconnaissent-elles en toute simplicité. Une simplicité qui contribue aussi certainement au succès de l’endroit car les gens apprécient la familiarité du lieu, se l’approprient aisément. Fortes de leur succès, Cybèle et Laure travaillent sereinement à l’Atelier et ont plein de projets pour la suite pour faire vivre le café.

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L’Atelier
Avenue de France 39,
1004 Lausanne
021 624 16 37

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