Filipe

Portrait-Filipe-Mazettes-ProfilNous avons eu la chance de rencontrer Filipe, chef et maître d’hôtel, lors d’une soirée improvisée. Et le hasard a plutôt bien fait les choses, puisque nous avons eu un véritable coup de coeur pour cet homme sympathique, doué et passionné par son métier. Nous ne pouvions pas passer à côté d’un portrait !

Pour fêter la mise en ligne de notre site, nous décidons d’aller au restaurant. Génial ! Mais lequel ? Une envie de viande nous conduit au Petit Boeuf, réputé pour ses steaks tartares. Arrivées sur place, nous sommes agréablement surprises par la gentillesse de notre hôte, Filipe, qui nous sert avec un grand sourire et un enthousiasme contagieux. Epatées par son habileté à nous préparer en peu de temps un tartare délicieux, qui plus est en forme de coeur, nous lui demandons depuis combien de temps il travaille dans ce restaurant. Et Filipe de répondre fièrement : « Douze ans ! ». Il n’en fallait pas plus pour éveiller notre curiosité. Découvrons ce personnage haut en couleur.

« Travailler dans un restaurant, c’est un art. C’est un très beau métier », déclare Filipe, « et je suis heureux de l’exercer au Petit Boeuf. » Passionné par son travail, le maître d’hôtel a un très bon contact avec ses clients et ses collègues, qui apprécient sa bonne humeur et sa gentillesse. « Je suis la personne qui fait rire tout le monde ici. Je suis tout le temps en train de raconter des âneries. Et on m’en redemande ! » Attentif au bien-être des autres, il sait se servir de son humour pour redonner le sourire aux collègues et détendre l’atmosphère quand il le faut. Il en est de même le jour où nous faisons son portrait : il adresse naturellement un sourire, un mot bienveillant à chaque personne qu’il croise. Nous restons admiratives face à cet homme qui sait être non seulement drôle et extraverti, mais aussi sensible et à l’écoute des besoins des personnes qui l’entourent.

Comment est-il arrivé au Petit Boeuf ? Nous l’interrogeons d’abord sur son parcours. Filipe a toujours travaillé dans la restauration. Il entame sa vie professionnelle très jeune au Portugal, avec des emplois dans des bars et boîtes de nuit de sa ville, Braga. Il adore le contact avec la clientèle et noue de nombreuses amitiés. Il passe alors un diplôme dans l’hôtellerie. Durant sa formation, il fait des stages dans des restaurants et des hôtels 5 étoiles et apprend trois langues étrangères. Déjà à l’époque, Filipe se démarque par sa personnalité qui lui permet de rencontrer facilement les gens. Très doué, il enchaîne les boulots dans le domaine et ne peine jamais à retrouver une place quand il quitte un endroit ; on vient même le chercher avec de nouvelles propositions. Toutefois, Filipe est mal rémunéré au Portugal. Et lorsqu’un client de l’hôtel haut de gamme où il travaille lui propose un poste en Suisse, il fait ses valises et quitte son pays pour s’installer à Lausanne. Ici, son diplôme ne vaut rien. Il passe donc une équivalence et en profite pour y ajouter la qualification de sommelier. Mais sa première expérience dans un restaurant est mauvaise : le patron l’exploite, il ne règle pas ses papiers et va jusqu’à ne plus le payer. Exaspéré, Filipe finit par quitter son travail.

C’est à ce moment que le responsable du Petit Boeuf, qui a lui aussi connu des difficultés avec ses précédents employés, lui propose de faire un essai dans son restaurant. Filipe est directement embauché après son premier jour d’essai, alors qu’il était convenu qu’il en ferait trois. Depuis, il n’a plus quitté l’endroit et ne compte pas partir de sitôt. Au départ, il n’y avait que le patron et Filipe. Mais petit à petit, le restaurant rencontre un succès grandissant, essentiellement grâce au bouche à oreille, et l’équipe est désormais composée de neuf personnes. « Je suis bien ici. Le patron est très correct avec moi. On m’a proposé de travailler ailleurs et de gagner plus, mais je tiens à rester, car je suis avec un ami », confie Filipe. Etonnés par sa fidélité, ses proches lui demandent souvent comment il fait pour travailler depuis douze dans au même endroit : « Les clients sont super et l’équipe est géniale. Chacun a ses qualités et se soutient. »

La réputation du Petit Boeuf s’est surtout faite sur son fameux steak tartare, parfois flambé, servi par Filipe. Ce dernier se souvient de sa première fois : « Il y avait beaucoup de monde ce soir-là. Mon collègue était débordé, je devais l’aider. Alors j’ai commencé à préparer un tartare et tout le monde a été impressionné. Le patron criait : Venez voir ce qu’il fait ! » raconte-il en riant. Depuis, c’est Filipe qui est chargé de servir le tartare, allant jusqu’à préparer 90 assiettes par jour. « Dans ce métier, la volonté d’apprendre est très importante. Il faut toujours chercher à progresser, faire plus que ce qu’on te demande » dit-il.

Cette nécessité d’apprendre, Filipe l’applique aussi à sa relation avec les clients : « Il faut un minimum de culture générale pour tenir des conversations, répondre à certaines questions. Parfois, on me demande de trancher lorsque les gens ne sont pas d’accord entre eux. » Il est donc important pour lui de se tenir au courant de l’actualité. Il estime que lire plusieurs journaux quotidiennement fait partie intégrante de son travail. Quand on lui demande s’il a déjà eu des problèmes avec ses clients, il semble savoir gérer les choses et utiliser l’humour pour remettre les plus pénibles à leur place. Il met un point d’honneur à insister sur la qualité du service, qui selon lui se perd de plus en plus.

Bien qu’il y mette toute sa passion, Filipe exerce un métier difficile. « Le principal inconvénient dans mon travail, ce sont les horaires. Je travaille le soir et les weekends, ce n’est pas facile quand on a une famille et c’est compliqué d’avoir une relation. » Il a ainsi peu de temps libre et aime le passer avec son petit garçon de deux ans.

Pour terminer l’entretien, nous lui demandons s’il a un ingrédient secret dans la recette de son tartare. Il répond simplement : « L’amour ! » A cet instant, il se passe quelque chose de particulier : il observe notre réaction blasée devant cette réponse que nous trouvons, avouons-le, un peu cliché au premier abord. Et il reprend : « C’est comme vous, votre site : vous le faites bien et vous avez un bon accueil car vous y mettez de l’émotion et que vous aimez ce que vous faites. » Nous sommes encore une fois surprises par la répartie et la capacité d’adaptation de Filipe. C’est ainsi que nous quittons ce personnage d’une grande délicatesse, qui nous laisse une image noble de son métier.

filipe-collage-mazettes

Restaurant Le Petit Boeuf
Avenue Vingt-Quatre-Janvier 4
1004 Lausanne

4 réflexions au sujet de « Filipe »

  1. Bouchoucha

    Il est au top cet article sur Philipe les filles! Je suis végétarienne… ça me redonnerait presque envie me corrompre pour avoir la chance d’aller manger à sa table! Damn it 😛

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  2. Bloom

    Génial ce Filipe :)

    Votre article reflète parfaitement sa personnalité, bravo les filles!

    Mmmh le petit boeuf restera toujours mon resto préféré, et le seul endroit où je commande toujours la même chose! ^^

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