Mirlinda

Portrait-Mirlinda-MazettesMirlinda, on l’a rencontrée au détour d’une soirée. Elle nous a parlé de Mazettes, avec enthousiasme et les yeux pétillants. Ça nous a ravi et, l’esprit rempli de projets on l’a revue et on a découvert qu’elle aussi a toujours des idées et des créations plein la tête. Quand Mirlinda nous a parlé de son travail de créatrice de vêtements, elle nous a impressionné! Elle l’aime tant son travail et à voir, il le lui rend bien…

En passant devant la vitrine de son atelier situé rue Marterey, on peut apercevoir Mirlinda, assise derrière son plan de travail, concentrée sur son ouvrage. La créatrice de vêtements partage son temps entre le travail sur mesure pour ses clients et les cours qu’elle dispense à l’ERACOM. « J’ai de quoi m’occuper ! » nous dit-elle en souriant. Nous partons à la rencontre de cette femme douce, curieuse et au parcours hors du commun.

Avec sa personnalité calme et discrète, Mirlinda cache bien son jeu. Sa clientèle fidélisée et ses élèves assidus lui prennent beaucoup de temps, parfois même le soir et les fins de semaine. Mais la jeune femme n’en est pas moins passionnée. De sa voix douce et posée, elle nous raconte qu’elle aimerait allonger ses journées et que de son travail, elle n’en a jamais assez.

Née au Kosovo, Mirlinda arrive en Suisse à l’âge de quatre ans. De son enfance, elle se souvient des grandes fêtes et mariages, où les femmes portaient de beaux vêtements traditionnels, travaillés à la main. Elle se rappelle : « J’aimais regarder ces femmes bien habillées. Je voulais toucher les matières, je récupérais les restes de tissus de leur robe. » Aussi, elle voyait sa mère occupée à travailler la dentelle et admirait la minutie et la patience nécessaire à son ouvrage. Elle reste aujourd’hui encore impressionnée par le résultat. Déjà petite, elle est donc attirée par les vêtements et manifeste un talent à transformer les étoffes qu’elle trouve en habits. Mais le véritable coup de coeur pour la couture arrive à l’âge de dix ans, lorsque la petite fille prend des cours à l’école : « C’était une révélation ! J’avais de la facilité, je me faisais déjà des tenues pour moi. Depuis, je n’ai plus arrêté. Chaque année, le cours de couture était mon échappatoire. » A aucun moment depuis cette instantelle n’a eu envie de faire autre chose.

Au moment de choisir son apprentissage, Mirlinda se tourne ainsi tout naturellement vers l’école de couture de Lausanne. A la fin de sa formation, la jeune diplômée a encore soif d’apprendre. Contre l’avis de sa famille, elle s’installe à Paris et entame une école de stylisme modéliste international, spécialisée dans la haute couture. « J’avais 17 ans et je suis allée passer l’entretien pour l’école en cachette, » se souvient-elle. Après deux ans de cours et une année de stage chez des créateurs et des maisons haute couture, Mirlinda est contrainte de rentrer en Suisse car elle n’a pas les papiers d’identité nécessaires pour rester en France. « Malgré une autorisation de séjour prolongée de six mois, j’étais obligée de rentrer, contre vents et marées. » De retour à Lausanne, la jeune femme cherche un travail dans son domaine, mais elle constate rapidement qu’il n’y a pas beaucoup de possibilités. Elle s’oriente alors vers le travail en boutique et obtient notamment des postes de gérante et de responsable des achats chez de grandes marques. « J’ai toujours eu de la chance, on m’a souvent fait confiance et proposé des postes à responsabilité malgré mon jeune âge. J’ai tout fini très jeune » avoue-t-elle. « A 20 ans, j’avais déjà une formation et de l’expérience. Cela m’a ouvert beaucoup de portes. »

Elle enchaîne ainsi les emplois dans la mode et avec de la facilité à apprendre, développe de nouvelles compétences en finance, management, administration en fonction des divers postes qu’elle occupe. A côté de ses fonctions professionnelles, Mirlinda travaille également à la maison : on lui demande toujours de faire des habits, une tâche qu’elle exécute avec plaisir chez elle. « Au bout d’un moment, je n’avais plus envie de mélanger ma vie à la maison avec ma vie professionnelle. J’ai donc décidé d’ouvrir un atelier » raconte-elle. « J’ai eu de la chance. J’ai trouvé le lieu par hasard. Un mois plus tard, le local était à moi. » Ainsi à l’ouverture de son atelier en 2009, la créatrice de vêtements décide de se consacrer à temps plein à du travail sur mesure. Elle évoque l’importance des tissus dans son métier : la provenance, la qualité, sont essentielles à la découpe et au travail des matières. Sans faire aucune publicité, Mirlinda développe petit à petit sa clientèle, au hasard des passages à l’atelier : « Les gens se sont mis à entrer tout seuls ! » Travaillant dans un bel espace, lumineux et accueillant qui permet de la voir à l’oeuvre depuis l’extérieur, il est vrai que l’on n’a qu’une envie face à sa vitrine : entrer et voir de plus près ce qu’il s’y passe.

« Je pense que j’ai une bonne étoile. Mes rencontres m’amènent toujours vers de nouveaux projets. Maintenant que j’ai de l’expérience, je n’ai plus rien à prouver, mais j’ai encore beaucoup à apprendre et à partager. » C’est dans cet état d’esprit ouvert et curieux que la jeune femme accepte il y a deux ans de faire un remplacement à l’école de couture en tant qu’enseignante. Elle adore et décide de continuer dans le domaine de la formation, qui occupe désormais 40% de son taux d’activité.

Avec un optimisme communicatif, Mirlinda retire aujourd’hui une grande satisfaction des deux emplois qu’elle exerce dans le domaine de la mode. De son travail en atelier, elle aime surtout le conseil aux clients, amener sa petite touche personnelle, son propre style : « Ce que les gens viennent chercher chez moi, c’est une touche d’originalité. » Mais c’est aussi une activité très exigeante, les délais d’exécution sont courts, le travail est très précis. Ce qui laisse très peu de temps à Mirlinda pour travailler sur ses propres collections, ce qu’elle regrette un peu actuellement.

Quant à l’enseignement, Mirlinda adore apprendre le travail de la couture à ses élèves : « Savoir que j’ai amené quelque chose aux jeunes, c’est vraiment enrichissant. J’aime leur montrer qu’il faut savoir rester curieux et ouverts. Ils doivent comprendre que c’est un métier où il y a de la place pour tout le monde. » Aujourd’hui, Mirlinda porte un regard très optimiste sur son métier qui offre selon elle de nombreuses possibilités. Le milieu est beaucoup plus ouvert qu’avant, et on peut se diversifier aisément. Elle se réjouit ainsi de ses futures rencontres et collaborations. Elle nous confie : « C’est vrai que je suis plutôt calme et réservée. Mais dès qu’on me parle de projets qui attisent sa curiosité, je n’ai plus de barrière ! »

Collage-Mirlinda-Mazettes

ELLO couture créations
Rue Marterey 19
1005 Lausanne

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