Soraya

Soraya-portrait-MazettesNotre premier portrait à travers leur travail. Qui de mieux que Soraya pour commencer ? Femme de sourire, de gentillesse et de passion. Elle se dit nostalgique, que ce soit l’odeur de ses étés d’enfance en Afghanistan ou la musique de ses sorties entre copines. Elle nous ouvre une fois de plus ses bras et son monde. Et on y plonge avec bonheur et curiosité, pour en ressortir encore plus éblouis.

« Mon travail ? Je suis coiffeuse ; mais je ne le vois pas vraiment comme un travail ». Voilà comment Soraya décrit son métier. Un métier qu’elle exerce maintenant depuis près de 17 ans. Malgré toutes ces années, sa passion pour la coiffure ne s’est jamais atténuée. Au contraire, plus le temps passe, plus elle aime son travail. « C’est encore mieux que l’idée que je m’en faisais avant de commencer ». Portrait d’une personnalité passionnée et attachante.

C’est la course au Salon n°7. Une cliente à l’étage du bas laisse reposer sa teinture, un autre attend devant le miroir de se faire coiffer et une dernière passe à l’improviste pour fixer son prochain rendez-vous. Le quotidien de Soraya est rythmé par la dizaine de clients qui défilent chaque jour dans le salon. Malgré l’effervescence apparente, la belle noiraude reste toujours calme et souriante. Elle sait gérer son temps sans se stresser.

Le temps, c’est un élément-clé dans son travail. Même si Soraya coiffe un grand nombre de personnes – elle est incapable de dire combien tant la liste est longue – il est important pour elle de consacrer un maximum d’attention à chacun : « Je passe beaucoup de temps avec chaque client. C’est très important pour moi de bien connaître les gens pour pouvoir leur faire une coiffure qui leur correspond ».

Mais la coiffeuse ne s’attarde pas seulement à analyser la qualité du cheveu de ses clients. Elle s’intéresse aussi de près à leur personnalité, leur caractère. Et c’est bien ce qui fait de Soraya une coiffeuse pas comme les autres : au fil des rendez-vous, son besoin de comprendre et ressentir les gens l’a amenée à devenir très proche de ses clients. Pour la plupart, elle est bien plus qu’une coiffeuse. Elle est une confidente, une amie proche, et c’est réciproque. « Les gens s’ouvrent beaucoup à moi. Même s’ils sont parfois méfiants et tendus au début, ils finissent par me faire confiance » raconte Soraya. « Je pense que c’est pour cela que beaucoup viennent se faire coiffer chez moi. » Ainsi, à côté de ses qualités techniques, sa capacité d’écoute et sa douceur naturelle font d’elle une coiffeuse très particulière.

Ambitieuse, Soraya mène aujourd’hui la carrière dont elle a toujours rêvé. Elle coupait déjà les cheveux de ses poupées. « J’attendais qu’ils repoussent ! » se souvient-elle. Sa vocation vient donc de loin. Mais si sa carrière rencontre aujourd’hui un succès incontestable, les choses n’ont pas toujours été faciles. La jeune femme a connu des débuts difficiles et a dû franchir plusieurs obstacles avant d’en arriver là.

En premier lieu, au moment de choisir un apprentissage, elle doit affronter l’opposition de son père : il ne veut pas qu’elle devienne coiffeuse. « C’est un métier sale. C’est dégoûtant de toucher la tête des gens » dit-il sèchement. Soraya est aussi comparée à ses soeurs, qui ont fait des études. Elle renonce alors à poursuivre son rêve et songe à faire des études d’employée de commerce, comme lui suggère son père. Mais la motivation lui fait cruellement défaut… Elle se rappelle : « Pendant une année, je n’ai rien fait du tout. Je ne voulais pas devenir une employée de bureau. » Devant son désarroi, sa famille et ses proches l’encouragent à poursuivre sa vocation malgré tout. Soraya ose finalement s’inscrire dans une école de coiffure.

Commence alors une autre période difficile pour la jeune femme, celui de son premier emploi. Remarquée par le patron de son école, l’apprentie coiffeuse est engagée dans son salon après avoir suivi une année de cours seulement – la formation initiale dure en générale deux ans. Son manque d’expérience va alors lui valoir des instants très pénibles. « C’était le moment le plus difficile pour moi. Je ne connaissais rien et je devais me débrouiller toute seule. Par exemple, je ne savais pas comment mélanger les produits. Mais ça, je ne voulais pas le montrer. Je faisais la grande, alors que je n’étais qu’une gamine. Je retenais souvent mes larmes dans ces situations. » Malgré ses difficultés, Soraya persévère. Le salaire très bas et les supérieurs qui gardent les clients pour eux ne la découragent pas. « Je me retenais de partir. Je me disais : tu verras, un jour tout cela va payer et tu auras ce dont tu as envie ! ».

La détermination de la jeune femme va finir par être récompensée : une cliente est impressionnée par son travail et lui propose une place dans son nouveau salon. Les choses commencent à s’améliorer. Puis on lui propose une place de coiffeuse dans un concept branché. Même lorsque le salon est contraint de fermer, Soraya trouve un nouveau travail en une journée : elle s’installe au Salon n°7 et exerce pour la première fois son métier en tant qu’indépendante. Elle prévient ses clients par courrier de sa nouvelle adresse, sans savoir s’ils la suivront dans ce lieu si différent de son ancien salon. Bonne surprise pour la coiffeuse : la grande majorité continue à la solliciter. « A ce moment, j’ai compris que les gens venaient pour moi ».

Depuis huit ans maintenant chez n°7, Soraya a trouvé le salon idéal pour exercer son métier « Même si je rêve un jour d’ouvrir un jour mon propre salon, j’adore travailler ici. On s’entraide et je reçois beaucoup d’amour. J’adore mes collègues, c’est un peu comme ma famille. » Elle n’est pas la seule à apprécier l’ambiance familiale du salon ; ses clients sont enchantés par la bonne humeur et l’atmosphère chaleureuse qui y règne.

Au fil des années, le travail de la jeune femme a beaucoup évolué et lui a appris beaucoup de choses. Par exemple, se trouver devant un miroir tous les jours l’a rendu plus exigeante envers elle-même. La coiffeuse veut renvoyer une bonne image à ses clients et met toujours un point d’honneur à se montrer positive.

Avec l’expérience, les connexions entre Soraya et ses clients ont aussi beaucoup évoluées : « Je peux ressentir le mal-être des gens quand je les coiffe » révèle-t-elle. Et cela non seulement au niveau de la parole, alors qu’elle écoute leurs histoires, mais aussi physiquement, puisque son travail nécessite un contact avec la tête des gens. « C’est comme si je rentrais dans la personne, je me vois dans sa tête. En touchant, je peux dire si le client est stressé ou à l’aise, s’il est timide ou non. » On constate le chemin parcouru depuis la fameuse remarque de son père.

Soraya a ainsi découvert un aspect beaucoup plus profond de son travail, qui va au-delà de la simple mise en beauté des personnes. Elle peut fièrement affirmer : « Je suis toujours passionnée par ce que je fais, encore aujourd’hui. S’il y a une chose que je ne regrette pas une seconde, c’est d’avoir choisi ce métier. » Quand on lui demande ce qu’elle pense du fait d’exercer son métier à Lausanne, elle répond : « Je pense qu’il faut faire ce qu’on aime dans la vie. Peu importe où on le fait. »

Soraya_Portrait_collageSalon de coiffure N°7
Rue Neuve 7
1003 Lausanne

3 réflexions au sujet de « Soraya »

  1. Katia

    Que du bonheur de lire ce texte. Sorraya, ma belle, tu as la classe. Je n oublierais jamais le jour de mon mariage quand on a est retrouvées pour ma coiffure!!! Je t adore!!!

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  2. Chezlenka Pino

    Je suis restée très émue après avoir lu ce jolie portrait de ma belle Suria…
    je n’oublierais jamais le jour ou tu m’as fais mes premières bouclettes … tu n’avais que 14ans et tu étais déjà très doué avec tes petites mains des fée ♡

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  3. Fabien

    Un portrait si juste, mais qui démontre que les mots ne peuvent pas définir la profondeur et les qualités de Soraya.
    Nombreux seront ceux qui verront dans ce portrait une gentille coiffeuse, mais ceux qui ont été initiés auprès de Soso savent qu’elle a plus de caractéristiques de l’ange protecteur et empathique que de la praticienne du cheveux.

    Alors simplement Merci. A vous pour la lumière sur notre Soso, et à elle-même d’errer Elle.
    F.

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