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Laureline

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Voici Laureline, que nous avons connu grâce à ses illustrations. Elle est l’auteure du personnage de Jeannette, cette jeune femme toujours de profil qui commente avec humour son quotidien et celui de ses copines. Curieuses d’en savoir plus sur l’envers du décor de ce personnage, nous sommes allées à la rencontre de sa créatrice. Mais celle-ci a su nous épater par bien d’autres aspects : Laureline est aussi violoniste et travaille à l’Opéra de Lausanne depuis une dizaine d’années. Elle nous raconte son parcours et comment, au fil du temps, elle a trouvé sa voie et le moyen de vivre pleinement ses passions.

Laureline. En voilà un joli prénom hors du commun. « C’est mon père qui a eu l’idée », nous dit-elle. « Il vient d’une bande-dessinée de science-fiction, genre dont mon père est passionné. Et puis ma mère avait déjà grillé son véto pour le prénom de mon grand frère… ». Avec un grand sourire et un esprit plein d’humour, Laureline se souvient qu’elle a grandit dans un milieu où l’art avait une grande importance. En témoignent la pièce entièrement dédiée à la BD chez son papa, la musique déjà très présente dans son enfance, le goût pour l’architecture de son beau-père. C’est dans cet environnement qu’elle apprend le violon dès l’âge de 8 ans et qu’elle pratiquera jusqu’à l’obtention d’un certificat supérieur. Mais sa voie professionnelle, elle la trouvera petit à petit, par le hasard des rencontres et des opportunités qui la mèneront à son rôle actuel à l’Opéra de Lausanne.

Commençons par sa rencontre avec l’opéra. Laureline raconte qu’elle aura un véritable coup de coeur quand elle y retourne pour la deuxième fois de sa vie durant les fêtes de fin d’année, en 2005. Elle avait déjà assisté à un opéra lors d’un voyage d’études avec le gymnase. Le cadre magnifique de la salle lui a immédiatement plu. Lorsqu’elle y retourne pour la seconde fois, à Lausanne, tout est magique. « Ils jouaient la Vie parisienne d’Offenbach, un opéra bouffe que j’ai adoré : c’était léger, il y avait du french cancan, de beaux costumes… C’était parfait ! » raconte la jeune femme. Tout est réuni pour faire briller ses yeux. A côté de ce qui se passe sur scène, le regard de Laureline est attiré par les placeurs, costumés comme les chanteurs de la production. Elle confie alors : « A cette époque, je me cherchais. Je ne savais pas ce que je voulais faire de ma vie, j’enchaînais les jobs d’étudiante. » La jeune femme postule alors pour un emploi de placeuse, mais l’équipe est malheureusement complète. Puis, après quelques jours, elle est rappelée : un poste vient de se libérer ! Commence alors son aventure à l’Opéra de Lausanne. Elle se sent bien dans son nouveau travail, qui sera alors de courte durée car débutent alors les travaux de rénovation de l’Opéra.

Vient alors le temps pour Laureline de se consacrer à fond au violon. Elle prend des cours plusieurs fois par semaine et joue dans un orchestre et dans un groupe. « J’aurais certainement eu la possibilité d’enseigner le violon, mais je n’étais pas sûre d’avoir envie d’en faire mon métier » se rappelle-t-elle. Son ancienne responsable de l’opéra la rappelle alors pour lui proposer un nouveau travail de réceptionniste à temps partiel, ce qui se marie parfaitement avec les 4 heures de violon quotidienne auxquelles elle s’adonne. Après quelques mois, on lui propose de s’occuper des mécènes et sponsors, ce qu’elle accepte immédiatement. L’expérience de musicienne et le sens du contact naturel de la jeune femme l’aident peu à peu à trouver sa place dans son nouveau rôle. Elle entame même une formation après une année, la menant à obtenir un brevet fédéral de spécialiste en relations publiques, en même temps que son certificat supérieur de violon. « C’est un puzzle qui s’est construit petit à petit. J’apprends tous les jours. C’est un métier très varié, avec beaucoup de contacts et j’ai la chance de pouvoir assister à tous les spectacles. Je suis très reconnaissante envers les personnes qui m’ont fait confiance et m’ont permis d’évoluer dans cette Institution c’est grâce à elles que je peux faire ce que j’aime, dans un milieu où il est plutôt difficile d’entrer » dit-elle. « J’aime faire partie d’une grosse production, pouvoir apporter ma contribution à un spectacle de qualité du début à la fin.»  C’est ainsi que Laureline est depuis un an et demi, assistante de direction.

Et Jeannette, quelle est sa place dans tout ça ? Ce personnage qu’on adore apparaît lorsque Laureline est étudiante et s’ennuie pendant ses cours. Elle raconte : « J’avais souvent des idées, des petites blagues dans ma tête. Mais à l’écrit, c’était difficile de faire passer les messages. » Puis, elle rencontre une amie qui fait des illustrations. « Pour elle, c’était facile de trouver l’inspiration : il suffisait de dessiner ce qu’on voyait ! J’ai essayé de suivre son conseil et c’est en observant mes amies et en gribouillant tout le temps, que petit à petit les personnages de Jeannettes et de ses copines sont nés. »

Admiratifs et friands des situations humoristiques dépeintes dans ses illustrations, les proches de la jeune femme l’encourage à dessiner de plus en plus. Autodidacte, elle se donne alors pour objectif de réaliser un dessin par jour et publie le résultat sur un blog. Celui-ci rencontre un grand succès. Mais cela demande beaucoup de temps et d’investissements et avec les années, le travail à temps plein laisse de moins en moins de place à Jeannette dans la vie de Laureline. Lorsqu’on lui demande si elle ne voudrait pas dessiner sur le sujet de l’opéra, elle répond qu’elle ne veut pas mélanger son travail et le dessin. « Il arrivent que les gens confondent mes dessins, qui sont des caricatures, et ma vie privée. Je veux vraiment séparer les deux choses » confie-t-elle.

Même si Laureline souhaite garder ses deux mondes séparés, elle n’abandonne pas pour autant l’illustration. « Je dessine encore beaucoup, mais je n’ai pas envie de me forcer. Je suis assez extrême : c’est tout ou rien ! Il faut que je réfléchisse à un nouveau projet bientôt… » avoue-t-elle. De quoi nous rendre impatients ! En attendant, elle nous invite à nous rendre à une représentation gratuite de La Belle de Cadix, opérette de Francis Lopez, à l’’Opéra de Lausanne, dans le cadre de sa Route Lyrique, offrant une occasion idéale de découvrir cet univers et ce lieu emblématique de la Ville. Pour terminer, la jeune femme confie : « J’apprécie de plus en plus l’opéra à force de voir et entendre les mêmes titres dans différentes productions et dans différents lieux. Ce n’était pas forcément une passion au départ, mais cela peut avoir un côté magique. »

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